EAU ET ASSAINISSEMENT EN GUINEE CONAKRY : LE PROGRAMME DE COOPERATION GUINEE-UNICEF 2018–2022 SE POURSUIT
Le
secteur de l’eau et de l’assainissement reste la préoccupation de beaucoup de
pays africains. Une étude a montré qu’en Guinée, malgré la progression de la
population urbaine, les 2/3 vits en milieu rural. En effet, 40% de la
population vit dans une situation de pauvreté extrême sans accès aux services
de base. L'Enquête Démographique et Santé (EDS Guinée, 1999) fait état d'un
taux de couverture nationale en eau potable de 52% mais selon l'Enquête à
Indicateurs Multiples, 70.8% des ménages s'approvisionnent en eau à partir des
sources traditionnelles insalubres (marigots, rivières, fleuves...). C’est
ainsi que la guinée Conakry essaie depuis des années de mettre en place un
mécanisme de coordination opérationnel intersectoriel de l’Eau, l’Hygiène et
l’Assainissement afin d’avoir une vie saine pour sa population.
Principales
problématiques de ce pays qui compte 12 559 623 habitants en 2020, la Guinée
occupe la presque totalité des bassins supérieurs des fleuves qui drainent de
nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest (Niger, Sénégal, etc.), ce qui vaut à la
Guinée l’appellation de «château d’eau» de l’Afrique de l’Ouest. Cependant, la
production d’eau potable est insuffisante pour couvrir les besoins en eau de la
population. Cela en raison d’une forte concentration en fer et la salinité de
l’eau dans certaines régions.
D’après JMP
2017, une proportion de 61,9% des ménages guinéens utilisent au moins un
service élémentaire d’approvisionnement en eau potable (accès à une source
d'eau améliorée avec maximum 30 minutes de temps de collecte) pendant qu’en
milieu rural cette proportion tombe à 48,7%, soit moins d’un habitant sur deux.
Dans le domaine de l’assainissement, seulement 22,7% des ménages ont accès à un
service élémentaire d’assainissement alors que 14,4% pratiquent encore la
défécation à l’air libre. La situation est encore plus critique en milieu rural
ou 21,7% ont recours à la défécation à l’air libre.
Depuis
plusieurs années, le Service National d’Aménagement des Points d’Eaux (SNAPE)
fait des analyses sur les difficultés qui assaillent le secteur, identifie des
actions prioritaires et définie des stratégies innovantes pour leur mise en
œuvre. Lors d’une Réunion de Haut Niveau des Ministres du secteur de l’Eau,
l’Hygiène et Assainissement (EHA) tenu en avril 2019 à San José, Costa Rica, la
Guinée a pris des engagements pour assurer un accès à l’eau et à
l’assainissement pour les populations vulnérables. Selon l’Unicef, la mise en
place d’un mécanisme de coordination opérationnel intersectoriel devrait être faite
en 2020.
Au terme
des travaux, huit actions prioritaires ont été formulées parmi lesquelles la
mise en place d’un dispositif de coordination opérationnel du secteur de l'Eau,
de l'Hygiène et de l'Assainissement, un accompagnement résolu des communes pour
la maîtrise d’ouvrages et une déconcentration effective des structures du SNAPE
et de la Direction Nationale de l’Assainissement.
Amélia DACOSTA
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire