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Pétrole : la chute des cours menace les producteurs de schiste américain

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Pétrole : la chute des cours menace les producteurs de schiste américain

Les cours des producteurs indépendants de pétrole de schiste ont lourdement chuté lundi à Wall Street. Déjà fragilisés par un niveau de dette important, les défaillances pourraient se multiplier.

Les débats auraient été intéressants. Mais le coronavirus, avant d'envoyer les cours du pétrole au tapis sur fond de désaccord stratégique entre la Russie et l'Arabie saoudite, avait déjà eu raison de la Cera Week : l'une des plus grandes conférences annuelles du secteur pétrolier, qui devait débuter lundi à Houston (Texas), a été annulée in extremis la semaine dernière.

Plus encore que ceux des grandes majors pétrolières, les cours des producteurs indépendants de pétrole de schiste ont plongé lundi à Wall Street : Chesapeake Energy et Whiting Petroleum chutaient ainsi respectivement de 25 et 36 % en séance ce lundi. « Pour forer un nouveau puits, un petit nombre de puits bien choisis pourra être rentable à 30 dollars mais l'essentiel du bassin permien a besoin d'un cours à au moins 45 dollars », explique Ben Shattuck, analyste au sein du cabinet Wood McKenzie.

A moins de 30 dollars le baril de WTI, le premier réflexe des producteurs est donc de réduire la voilure. Diamondback Energy, dont le cours était presque divisé par deux lundi, a déjà annoncé une réduction d'activité « immédiate » pour un tiers de ses équipes de forage. Un mouvement qui s'ajoute à la baisse moyenne de 14 % des dépenses et à la réduction d'un quart des puits forés l'an dernier, selon le rapport de l'Agence internationale de l'énergie.

« Avec le schiste américain, l'Opep a perdu son pouvoir de fixer les prix du pétrole »

Si les producteurs se couvrent toujours contre les variations de cours, c'est le plus souvent autour de 70 %, et pour une période qui ne dépasse pas dix-huit mois. Surtout, cette nouvelle guerre des prix lancée par la Russie et l'Arabie saoudite touche des producteurs déjà fragilisés par une dette trop lourde.

« Suite à une forte baisse du pétrole au quatrième trimestre de 2018, le nombre de dépôts de bilan a fortement augmenté en 2019 », avec 42 cas contre 28 l'année précédente, indiquait ainsi au début de l'année le baromètre trimestriel du cabinet Haynes & Boone. Sur le seul dernier trimestre l'an dernier, neuf dépôts de bilan ont été enregistrés, avec un montant de dette total de 12,6 milliards de dollars. Parmi ceux-ci, EP Energy, la plus grosse défaillance depuis 2016.

Hausse « inévitable » des faillites

Alors qu'un juge de Houston vient, vendredi, d'accepter le plan de restructuration de EP Energy avec le soutien des fonds Apollo et Elliott, la nouvelle guerre des prix pourrait donner raison aux détenteurs de la dette d'EP Energy comme Fidelity et JP Morgan, qui trouvait ses prévisions de rebond trop optimistes.

« Avec déjà 60 % de la dette totale à rembourser entre 2020 et 2024 en catégorie spéculative selon Moody's, les efforts des producteurs américains pour lever plus d'argent semblent déjà condamnés à l'échec, estime l'assureur-crédit Coface. Une augmentation du nombre de faillites dans le secteur en 2020 semble inévitable. » Certains producteurs comme Pioneer Energy ou EOG Resources avaient fait des efforts pour améliorer leur bilan depuis 2016. Mais cela ne les a pas empêchés d'être autant secoués que leurs concurrents en Bourse lundi.


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