AFRIQUE DE L’OUEST, GREENPEACE EXPOSE COMMENT DES GOUVERNEMENTS PERMETTENT LE PILLAGE DES OCEANS - Africa Green Magazine

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AFRIQUE DE L’OUEST, GREENPEACE EXPOSE COMMENT DES GOUVERNEMENTS PERMETTENT LE PILLAGE DES OCEANS

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AFRIQUE DE L’OUEST,  GREENPEACE EXPOSE COMMENT DES GOUVERNEMENTS PERMETTENT LE PILLAGE DES OCEANS


AGM-Dakar     Dans son rapport intitulé « mal de mer », l’ONG Greenpeace a indiqué que la période allant de mars à fin juillet 2020 a été une aubaine pour la surpêche et la pêche illicite dans les eaux territoriales de l’Afrique de l’Ouest. Publié le 9 octobre dernier, Greenpeace dénonce  qu’au moins 8 navires de pêche chinois ont participé à des activités douteuses au larges des côtes sénégalaises. Elle signale à cet effet la pollution et le pillage des ressources halieutiques en Afrique de l’ouest par des bateaux-usines chinois, turcs et coréens en faveur des entreprises de pêche multinationales et l'industrie de la farine et de l'huile de poisson.  


En cette période de covid-19,  l'industrie de la farine et de l'huile de poisson se développe en utilisant les stocks de poissons locaux pour produire de la nourriture pour les animaux de compagnie, les porcs et les poissons de l'industrie de l'aquaculture en Europe et en Asie, au détriment des populations vulnérables d'Afrique de l'Ouest.


Selon le rapport, c’est grâce au système d’identification automatique (AIS) utilisé pour les navires dans le monde entier qu’il a été constaté que tous les navires détectés au large des côtes sénégalaises portaient le nom de  FU YUAN YU, mais avec des numéros différents. Ces derniers pêchent nuitamment dans les zones exclusives (ZEE)  alors qu’il était impossible de vérifier si leurs licences avaient été obtenues dans le respect des règles et procédures en vigueur.


Concernant cette affaire de pillage, Mor Mbengue, membre de la Plate-forme des acteurs de la pêche artisanale du Sénégal (Papas) de rappeler que depuis 2012, les licences de pêche sont gelées par le gouvernement pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques. Mais malgré cela, des bateaux industriels, souvent chinois, continuent d’en obtenir et d’amasser des tonnes de poissons dans les eaux sénégalaises. Ce manque de transparence aussi dénoncé par l’ONG Greenpeace qui  confirme que des licences de pêches ont bien été attribuées le 17 avril à quatre bateaux nommés Fu Yuan Yu, « en dépit des affirmations du ministère de la pêche selon lesquelles aucune nouvelle licence n’avait été octroyée, excepté uniquement le renouvellement des papiers des navires sénégalais.


Une affirmation d’ailleurs rejetée par le ministère sénégalais des Pêches et de l’Economie maritime. Ce dernier juge que les allégations de Greenpeace sont infondées et lui reproche d’avoir déclaré que des licences de pêche ont été octroyées à des navires étrangers par le Sénégal, et des usines de farine de poisson installées dans le pays. Selon le communiqué du département ministériel transmis à l’APS,  le ministère des Pêches et de l’Economie maritime a toujours apporté des éclairages, des précisions et des démentis, à chaque fois que cela s’imposait, à l’endroit des acteurs, de l’opinion publique nationale et internationale.


Le ministère rétorque qu’aucun navire battant pavillon étranger ne peut, en l’état actuel de la réglementation sénégalaise, obtenir une licence de pêche au Sénégal si ce n’est sur la base d’un accord de pêche. Or, le Sénégal n’a d’accord de pêche qu’avec l’Union européenne, la Gambie, le Cap-Vert, la Mauritanie, la Guinée-Bissau et le Liberia.


Fatou Niang, membre du Gaipes argumente que l’un des quatre bateaux qui a reçu sa licence – le chinois Fu Yuan Yu 9889 – fait partie de la liste des cinquante-deux bateaux refusés. Il a « obtenu sa licence deux semaines après avoir reçu son acte de nationalité le 3 avril, acte indispensable faute d’accord de pêche entre la Chine et le Sénégal. Il ne peut donc pas s’agir d’un renouvellement, affirme-t-elle.


Autorisation signée ou non, pour le pêcheur Mor Mbengue, le problème demeure : des bateaux industriels étrangers continuent de puiser dans les fonds marins sénégalais sans que l’on sache s’ils détiennent une licence valide. Selon Aliou Ba, conseiller politique de Greenpeace Africa, les quatre navires épinglés par l’ONG ne sont pas tous passés devant la Commission consultative d’attribution des licences de pêche (CCAL), une étape pourtant obligatoire.


Les pécheurs survivent grâce à la disponibilité, l’accessibilité et la capture de poisson. C’est pourquoi l’ONG demande la fermeture immédiate des usines de farine de poisson implantés en Afrique de l’ouest, la publication  de la liste des bateaux péchant au Sénégal et la reconnaissance de la profession femmes transformatrices de poissons.


Ainsi, pour lui, les gouvernements d’Afrique de l’ouest doivent travailler ensemble pour mieux gérer et sécuriser les stocks de poissons, indispensables à la nutrition des populations de la région Ouest-Africain

 

 AGM Sénégal

Amélia Dacosta

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