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La mode des SUV accélère le niveau de pollution

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La mode des SUV accélère le niveau de pollution


Plus de 200 millions de voitures au look de 4x4 circulent dans le monde. Un succès commercial qui menace de réduire à néant les tentatives du secteur automobile pour baisser ses émissions de CO2... et qui risque de lui coûter cher. 

(DH) - Si la tendance des émissions de Co2 était à la baisse entre 2010 entre 2016, l'Agence européenne de l'environnement (EEA), dans son étude publiée en juin dernier, fait état d'une deuxième année de hausse consécutive en 2018. L'Agence vouée à la préservation et à la surveillance de l'environnement européen fait état d'une moyenne de 120,4g soit un retour aux valeurs enregistrées en 2014. 

Pour l'EEA, les principales causes de cette augmentation sont au nombre de trois: la multiplication des SUV (Sport Utility Vehicle), la priorité donnée par les constructeurs aux motorisations essence suite au «dieselgate» et la transition vers les modèles électriques jugée «trop lente». Ces modèles représenteraient 15% du parc roulant luxembourgeois.

Besoin en pétrole

En ce qui concerne, les 4x4 urbains, très à la mode depuis dix ans, ces véhicules surélevés, plus lourds et donc moins sobres que des berlines, représentaient 40% des voitures vendues dans le monde selon les chiffres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'organisation destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays de l'OCDE.
Au bas mot, plus de 200 millions d’exemplaires sillonnent la planète qui sont considérés par Fatih Birol, le patron de l'AIE, comme à l'origine de «la hausse de la demande en pétrole venue du secteur automobile entre 2010 et 2018». 

Si les SUV se montrent gourmands, ils polluent aussi. C'est ainsi que l'Association des constructeurs européens (ACEA) a indiqué que les SUV à essence affichent des émissions moyennes de 133g de Co2 au kilomètre. Soit 13g de plus que les émissions moyennes des autres voitures neuves carburant au sans-plomb.  

Diesel en baisse, pollution en hausse

Après les 4x4 urbains jugés responsables de l'augmentation des émissions de CO2, le retournement du marché en matière de motorisation, en faveur de l'essence, est aussi mis en exergue par les ONG climatiques. «Les constructeurs avaient pourtant réalisé de gros efforts pour fournir des moteurs diesel plus propres», fait remarquer Benji Kontz, administrateur-délégué d'Arnold Kontz Group au Luxembourg.

Les moteurs essence ont le vent en poupe et, d'après l'Association des constructeurs européens, représentent aujourd'hui 60% des immatriculations (36% pour le diesel). Mais le paradoxe est que grâce aux derniers progrès technologiques, les voitures diesel consomment 15 à 20% de moins que les modèles à essence et émettent donc d'autant moins de CO2. 

La  hausse des émissions automobiles de CO2 rend donc l'objectif de 95g de CO2/km en moyenne difficilement atteignable en 2020-2021. C'est en effet à partir de 2021, mais sur les chiffres de 2020, que les constructeurs risquent de payer des amendes en cas de dépassement. Des pénalités qui pourront atteindre le milliard de dollars selon le Boston Consulting Group, un cabinet international de conseil en stratégie présent dans 50 pays. 

Pour éviter d'éventuelles sanctions, le groupe Fiat Chrysler a pris les devants et s'est déjà entendu avec Tesla, afin de lui racheter des droits à polluer.
Les constructeurs n'auront pas le choix : pour tenir l'objectif de 95 g/km en 2021, ils devront vendre une proportion significative de voitures à faibles émissions, comme c'est le cas en Norvège où les émissions moyennes des voitures neuves ont atteint ce seuil dès 2016.
Par ailleurs, contrairement aux autres pays européens, la baisse des ventes du diesel a clairement profité aux voitures électriques (près de 50% des ventes), des véhicules qui coûtent moins cher à l'achat que leurs équivalents thermiques.

Une boite noire pour surveiller la consommation 

D'autre part, si le nouveau protocole WLTP sera appliqué, au 1er mars au Luxembourg, pour mesurer avec plus de précision la consommation, les émissions de CO2, de particules fines et d'hydrocarbures, l'Union européenne va doubler cette disposition d'une seconde obligation. Ainsi, les constructeurs devront installer un dispositif de mesure constante de la consommation de carburant et d'énergie électrique sur les nouveaux modèles homologués à compter du 1er janvier 2020. Un an plus tard, cette obligation sera étendue à tout véhicule neuf.

Appelé OBFCM (On-Board Fuel Consumption Monitoring device), l'indicateur de consommation d'énergie doit garantir l'exactitude des données avec une marge de plus ou moins 5%. Doté d'une carte SIM, l'OBFCM pourrait être contrôlé à distance, mais la Commission n'a pas encore communiqué quant aux modalités de ces contrôles.


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