Tunisie/Ressources hydriques : Polémique autour du transfert des eaux du nord - Africa Green Magazine

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Tunisie/Ressources hydriques : Polémique autour du transfert des eaux du nord

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Tunisie/Ressources hydriques : Polémique autour du transfert des eaux du nord


Les citoyens du Nord-Ouest sont opposés au transfert de l’eau à d’autres régions, estimant que leurs besoins en eau doivent être satisfaits en priorité aussi bien pour l’alimentation en eau potable que pour le développement des activités agricoles irriguées dans la région.

Experts, société civile et  présidents de municipalité  du Nord-Ouest, en réunion au Kef, ont tous dénoncé, le samedi dernier, le projet  de transfert des ressources en eau du nord  au profit d’autres régions, avant la satisfaction  des besoins de la population du district, essentiellement  à des fins  d’irrigation.

Réunis dans le cadre d’une journée de sensibilisation organisée  à l’initiative de l’association de sauvegarde de la Médina du Kef  et l’association  Insaf du Kef pour le développement, la journée a été une occasion pour  examiner tous les problèmes de l’eau dans la région du Nord-Ouest et la stratégie nationale de l’eau  programmée pour 2050 et surtout le projet de transfert de l’eau du nord à d’autres régions à des fins d’irrigation, en ce que l’eau est devenue fort malheureusement de plus en plus rare dans le pays.

Ce qui commence à inquiéter aussi bien la population que le gouvernement, d’autant plus que les dernières années de vaches maigres et de sécheresse ont fragilisé le pays  et entraîné bien des souffrances pour la population tout comme pour le cheptel ou encore pour le secteur agricole, irrigué de surcroît, Les participants à cette journée ont, en effet, manifesté leurs refus de voir leurs ressources aller ailleurs, alors que la région est toujours en manque d’eau et nécessite plus d’attention, essentiellement pour une meilleure promotion du secteur agricole, considéré comme un élément clé pour le salut de la région et pour l’économie du pays.

Le Président de l’association de sauvegarde de la Médina du Kef a estimé, en effet, que le transfert de l’eau pour l’irrigation des terres du gouvernorat de Kairouan ou autres  n’est pas plus utile ou prioritaire que l’utilisation de cette même eau pour la promotion des céréales dans la région du Nord-Ouest, se disant offensé par le projet de transfert de l’eau du nord en faveur d’autres régions et qui est programmé notamment dans le cadre du projet d’agrandissement des vannes et des conduites de transfert de l’eau en faveur de régions comme le Cap Bon, Kairouan ou le Sahel alors que la région du Nord-Ouest manque cruellement  d’eau  potable.

 Il dénonce vigoureusement, au nom de  la société civile, les desseins jugés inappropriés  visant à alimenter d’autres régions par les eaux du nord  et à y développer  des créneaux  agricoles voués à l’exportation, mais peu salutaires pour l’économie nationale,  alors que la population du nord  est en souffrance , à cause principalement du manque de desserte en eau dans ces régions  dans de nombreuses localités issues de ces régions.

Le représentant  du gouvernorat de Siliana, Mohamed Ali Ferchichi, estime, quant à lui, que la région de Siliana traverse une grave crise de l’eau qui s’explique par le fait que le cumul des stocks hydriques  actuels dans les barrages ne satisfait même pas 20 % des besoins de la région, ce qui  autorise la population à réclamer  en priorité le droit à l’accès aux eaux du nord  plutôt que  d’envisager de les transférer à d’autres régions, d’autant plus que la notion d’excédent d’eau  dans le nord n’a pas été établie sur la base, dit-il, de critères rationnels qui tiennent compte de la fréquence des chutes pluviales en fonction des années et surtout de la satisfaction ou non des besoins de la région. 

«Ceux qui ont présidé sur le sort de l’agriculture en Tunisie ont omis  de valoriser le secteur des eaux afin qu’il soit au service  de la production agricole à même de garantir au pays son autosuffisance alimentaire».

De son côté, le président de l’association «Insaf» du Kef, Abdelwaheb Nasri, a crié au scandale  en arguant, d’abord, l’impératif d’accorder la priorité de distribution de l’eau de la région à la population locale plutôt que de l’acheminer vers d’autres régions  du pays, et ce, en concrétisation des  dispositions de la constitution  qui prévoit le principe de discrimination positive  au profit  de la région.

En attendant, la tension est montée d’un cran dans le Nord-Ouest  où l’on prévoit l’organisation d’une conférence de presse à Jendouba  le 12 de ce mois pour annoncer la position à prendre sur cette question  et sur les autres problématiques dont souffre la région.

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