Pour la première fois, un bébé pangolin est né dans un sanctuaire du Vietnam - Africa Green Magazine

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Pour la première fois, un bébé pangolin est né dans un sanctuaire du Vietnam

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Pour la première fois, un bébé pangolin est né dans un sanctuaire du Vietnam 

Un sanctuaire dédié à la faune sauvage au Vietnam a découvert que l'une de ses pensionnaires, une femelle pangolin de Chine, avait donné naissance à un petit. Une première qui constitue un nouvel espoir pour l'espèce en danger critique d'extinction. 

Alors que se tenait ce week-end la Journée mondiale du pangolin, c'est une bonne nouvelle qu'une organisation de protection de la faune sauvage a annoncé au Vietnam. Dans l'un de ses centres situé au sein du parc national de Cuc Phuong, dans le nord du pays, une femelle pangolin a donné naissance à un petit mâle.

Pour l'ONG Save Vietnam’s Wildlife (SVW), il s'agit non seulement d'une surprise mais aussi d'une naissance inédite. C'est en effet la première fois qu'un pangolin de Chine (Manis pentadactyla) voit le jour dans son sanctuaire dédié à la faune sauvage. C'est en observant la femelle dans son enclos à l'aide d'une caméra de surveillance que l'équipe a constaté qu'elle n'était plus seule.
Le plus surprenant est que cette naissance ne semble pas dater d'hier. D'après les observations réalisées sur la vidéo, le petit serait âgé d'environ cinq mois. Une estimation qui semble correspondre à d'autres informations indiquant notamment que la femelle aurait montré des symptômes d'anorexie à cette même période.

Le fait qu'elle ait réussi à cacher son petit secret aussi longtemps s'explique facilement, selon Save Vietnam's Wildlife. Le pangolin est un animal nocturne qui passe ses journées à l'abri dans son terrier creusé dans le sol. Il n'en sort que la nuit durant quelques heures pour se nourrir. Et la femelle n'a pas fait exception, rendant l'observation de son petit difficile.

Une bonne nouvelle pour une espèce en danger critique

On sait donc relativement peu de choses sur le duo et son comportement. Mais cette naissance fait figure de bonne nouvelle pour l'organisation vietnamienne. Elle démontre qu'ils ont réussi à offrir aux pangolins un environnement captif adapté à leurs besoins qui leur permet avec succès de mener une gestation, de faire naitre puis d'élever leur progéniture. Autant d'étapes cruciales pour un programme de reproduction.

"Cette nouvelle inattendue mais heureuse [...] représente une condition essentielle et un premier succès pour nos futurs projets de reproduction et de réhabilitation de cette espèce", a expliqué l'ONG dans un communiqué relayé par le site Mongabay. Des projets d'autant plus importants que le pangolin de Chine se trouve aujourd'hui dans une situation dramatique.

Avec des populations en déclin constant, l'espèce est considérée "en danger critique d'extinction" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle est aujourd'hui devenu très rare dans plusieurs pays dont le Vietnam et le Laos et pourrait même avoir totalement disparu d'autres contrées où elle était autrefois présente, comme a pu le confirmer SVW.

Au cours des cinq dernières années, l'ONG a installé des centaines de pièges photographiques à travers les forêts vietnamiennes et n'a réussi à capturer qu'une seule image d'un pangolin sauvage, d'après Mongabay. Parmi les principales menaces, figurent la déforestation et la dégradation de l'habitat des petits mammifères mais aussi et surtout, le braconnage.

Animal le plus braconné au monde

Comme les sept autres espèces de pangolin répertoriées, Manis pentadactyla décroche en effet un titre alarmant : celui d'animal le plus braconné au monde. Selon une vaste étude récemment parue, plus de 900.000 spécimens aurait été capturés dans la nature entre 2000 et 2019. Cible du trafic : les écailles et la viande de pangolin particulièrement prisées sur les marchés asiatiques, notamment en Chine.

L'ampleur du trafic s'explique en partie parce que l'animal est très facile à capturer. Lorsqu'il se sent menacé, il se met en boule. Il n'y a alors plus qu'à le ramasser. Malgré la sonnette d'alarme tirée par les spécialistes, les autorités peinent à enrayer le braconnage. La Chine a récemment fait état, au terme d'une vaste enquête, d'une saisie de 23 tonnes d'écailles probablement extraites d'environ 50.000 pangolins.

En juillet dernier au Vietnam, la police a saisi une trentaine de spécimens sauvages enfermés dans un bus dans la province de Ha Tinh. Des soupçons suggéraient une capture dans le Laos voisin. Quelques mois plus tôt, toujours au Vietnam, le gouvernement avait annoncé la saisie de 5,26 tonnes d'écailles découvertes cachées dans des containers de noix de cajou dans le port de Cai Mep.

Récemment, le pangolin a reçu un coup de projecteur plus inattendu après que des chercheurs ont avancé un lien avec l'apparition du coronavirus COVID-19. Leur étude suggère que l'animal pourrait avoir servi d'hôte intermédiaire entre la chauve-souris - réservoir du virus - et l'humain. Si cette conclusion reste à confirmer, elle pourrait placer le trafic de pangolin au coeur de la crise sanitaire actuelle.

Face à ce sombre tableau, la naissance d'un petit au Vietnam a de quoi réjouir le SVW qui recueille régulièrement des pangolins victimes du braconnage avec l'espoir de pouvoir un jour les réintroduire. Tout en favorisant leur reproduction. "Nous espérons que voir des pangolins de Chine heureux en liberté dans la nature ne sera, un jour, plus un rêve", a confié à Mongabay Dung Nguyen, porte-parole de l'ONG.


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