FORESTERIE : LE SENEGAL FACE AU TRAFIC DE BOIS DE ROSE - Africa Green Magazine

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FORESTERIE : LE SENEGAL FACE AU TRAFIC DE BOIS DE ROSE

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FORESTERIE : LE SENEGAL FACE AU TRAFIC DE BOIS DE ROSE


AGM-Dakar    Une enquête diffusée il y a peu sur les antennes de la BBC nous alertait une fois de plus sur le trafic illégal de cette espèce protégée.


De la famille des Lauracées, P.erinaceous (regroupant la variété d’arbres de bois de rose) est prisé pour son utilisation en médecine, en parfumerie et en marqueterie. Cet arbre tant apprécié est cependant en voie d’extinction, et pour cause, il est exploité depuis des siècles sans aucun système de reforestation. En 2017, les présidents Adama BARROW (Gambie) et Macky SALL(Sénégal) ont signé la convention sur le commerce international de la faune et flore, menacées d’extinction ; flore dont fait partie le bois de rose. Mais il s’avère que ces deux pays sont au centre du trafic du bois de rose en Afrique de l’Ouest. En Gambie, les réserves en bois sont quasiment décimées ; toutefois afin de maintenir son commerce illicite à l’international, le pays s’en procure illégalement chez son voisin en toute impunité.

Un trafic d’envergure

En Casamance, environ un million d'arbres ont été abattus illégalement, soit un tiers des forêts de la région, selon l’Institut d’Etudes de Sécurité de Dakar. Cette quantité représente environ une centaine d’hectares de Forêt en 6 ans. Le bois est extrait illégalement dans la région de Casamance au Sud du Sénégal par des groupes de coupeurs de bois clandestins. Selon BBC, des paysans vendraient pour « des dizaines de Dollars des buches qui en valent plusieurs milliers » à des trafiquants. De cette forêt qui était de prime abord dense, il ne reste plus grand-chose.

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« Le trafic est devenu plus alarmant et inquiétant quand dans les années 2010, les chinois se sont intéressés après avoir pillé tout le bois de rose à Madagascar… maintenant ils sont en Afrique de l’Ouest et ils pillent littéralement … » dénonce Haidar El Ali Ancien ministre sénégalais de l’écologie et de la protection de la nature.


Les dégâts qu’engendre ce trafic sont démesurés. Ces 10 dernières années, près de 600.000 tonnes de bois de rose ont passé la frontière sénégalo-gambienne afin d’être exportées vers la Chine. Cela équivaut à plus d’un million d’arbres pour une valeur de 300 millions de Dollars, d’après l’enquête de la BBC. Les exploitants en Gambie s’en tirent avec un peu plus de 213 millions, une coquette somme. La Gambie est à ce jour l’un des principaux exportateurs mondiaux de bois de rose et le deuxième plus grand en Afrique.


« Ils tiennent de beaux discours et font de belles promesses. Ils disent qu'ils vont arrêter. Mais en réalité, ils ne le font pas. Tous les jours, nous voyons des trafiquants » dénonce l’écologiste Haidar El Ali.


Ainsi, devant cette situation plus que désespérante, les mesures de dissuasions prisent par les chefs d’Etat qui ont signé la convention ne sont pas respectées. Le trafic de bois de rose est toujours pratiqué en toute impunité sur les territoires gambiens et sénégalais. Les populations de la région de Casamance s’inquiètent pour cette forêt par laquelle elles se nourrissent, se soignent et perpétuent leurs rites ancestraux. Impuissants, l’on voit là tristement les forêts africaines disparaitre pour des meubles de luxe …



PAMOUANDE Princesse D.

Journaliste stagiaire AGM

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