Coronavirus: le nombre de gens atteints, la clef pour sa sévérité - Africa Green Magazine

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Coronavirus: le nombre de gens atteints, la clef pour sa sévérité

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Coronavirus: le nombre de gens atteints, la clef pour sa sévérité


Il y a plusieurs choses qu’on ignore encore sur le fameux virus apparu dans la région du Wuhan, en Chine, appelé provisoirement 2019-nCoV. On ignore par exemple combien de gens exactement ont été atteints, et on ignore exactement quel est le risque de mortalité. Mais ces deux zones d’ombre suggèrent, à ce stade, qu’on est devant une épidémie moins inquiétante que celle du SRAS en 2003. 

Depuis le début de la semaine, tout le monde s’entend pour dire que le nombre officiel de cas attribués jusqu’ici à cette maladie infectieuse respiratoire, est probablement en-dessous de la réalité. Et ce, pas parce que la Chine a manqué de transparence pendant les premières semaines, mais parce que de toute évidence, il y a un spectre de symptômes allant des plus bénins (fièvre, toux) aux plus graves (difficultés à respirer). Ce qui veut dire qu’un grand nombre de gens atteints du virus ont probablement eu des symptômes bénins, qu’ils ont attribué à tort à un gros rhume, et qu'ils n'ont jamais été hospitalisés. 

Or, pour les autorités de la santé publique, c’est une bonne nouvelle, en quelque sorte. Parce qu’en début de journée vendredi (heure locale en Chine), on comptait 26 morts pour un peu plus de 800 cas, soit un taux de mortalité d’environ 4%. En comparaison, le SRAS, qui avait fait un millier de victimes, a eu un taux de mortalité de 9,6%. Le MERS, autre coronavirus affectant les voies respiratoires en 2012, a eu un taux de mortalité de 34%. 

Autrement dit, s’il s’avérait exact que le nombre réel de cas est largement supérieur à ce chiffre officiel, le taux de mortalité de ce nouveau virus serait donc encore plus faible. Dans le camp des chercheurs qui défendent l’idée que le nombre de cas a été largement sous-estimé, on trouvait à la fin de la semaine dernière un groupe du Collège universitaire de Londres, qui estimait, sur la base de la population de la région de Wuhan, que le nombre réel de cas dépassait probablement les 1700 dès le 12 janvier. 

Cette semaine, ils ont remis à jour leur modèle pour arriver à un total de 4000 cas en date du 18 janvier. Une autre estimation parue mercredi et remise à jour jeudi sur la base des dernières données disponibles, place la médiane des cas possibles à 5900, avec des extrêmes allant de 2900 à 10 500 personnes. Si la médiane s’avérait juste, le taux de décès vendredi matin serait donc de moins de 1%. Une troisième estimation parue le 24 janvier évalue quant à elle, sur la base du taux d'infection, qu'à peine 1 cas sur 20 aurait été rapporté à Wuhan. 

C’est dans ce contexte que l’Organisation mondiale de la santé a hésité mercredi et jeudi à décréter une « urgence de santé internationale »: c’est une urgence médicale en Chine, sans nul doute, mais les prochains jours feront toute la différence sur la vitesse à laquelle le virus se répandra ailleurs dans le monde, et l’impact qu’il aura sur les gens atteints. Il est aussi important de rappeler qu’il n’existe pour l’instant aucun vaccin contre ce virus respiratoire. 


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